À la poursuite d’un rêve, à la poursuite d’un BQ!
Je pratique la course à pied depuis un peu plus de trente ans. Avec des souliers de course bien ordinaires et sans montre pour chronométrer mon temps ou mesurer la distance parcourue, l’idée à cette époque de courir un marathon était un concept qui semblait relever du surhumain.
Pratiquer la course à pied n’est pas si compliqué. Une bonne paire de chaussures de course, une montre (si vous la voulez) et voilà, vous êtes parti pour une première sortie. C’est à mes yeux une façon simple et efficace de bouger, de s’aérer l’esprit et de prendre un peu de temps pour soi.
Au fil du temps, je me suis jointe à un club de course à pied et j’ai rencontré des gens qui m’ont suggéré de participer à une course de 5 km, puis 10 km et finalement au demi-marathon. Dans mon esprit, le domaine du possible s’arrêtait au demi-marathon. Courir un marathon (42,2 km) représentait à mes yeux un défi herculéen, un monde inaccessible. Mais comme vous le savez, dans la vie il ne faut jamais dire jamais.
Après plusieurs demi-marathons, l’idée de franchir la distance de 42,2 km a commencé à germer dans mon esprit. Encouragée par des amis qui couraient déjà cette distance, j’ai décidé de m’embarquer dans l’aventure en faisant mon premier marathon en 2017 à Toronto. J’ai depuis couru quatre autres marathons à Syracuse, Chicago, Napa Valley et Montréal (virtuel).
Aujourd’hui, mon objectif ultime en course à pied est de réussir à obtenir ma qualification pour participer à une édition du mythique marathon de Boston, le plus vieux et le plus prestigieux des marathons.
La seule façon de participer au marathon de Boston est de se qualifier et, pour cette qualification, deux étapes sont incontournables. La première étape consiste à compléter un marathon reconnu comme un Boston Qualifier ou dans le langage des coureurs un « BQ ». La deuxième étape est de franchir la ligne d’arrivée de ce marathon BQ en moins de 4h 20m 00s, ce qui représente le « temps officiel » de qualification pour l’édition 2021 dans ma catégorie d’âge (60 à 64 ans). Il faut préciser que ce temps officiel varie d’une année à l’autre selon le nombre de demandes reçues. Avant la pandémie, Boston accueillait un peu plus de 30 000 coureurs à son célèbre marathon. Avec la pandémie, la limite sera de 20 000 coureurs pour la 125e édition qui se déroulera le 11 octobre 2021. En réalité, avec l’engouement croissant des coureurs à vouloir participer au marathon de Boston et le nombre limité de places, le temps de coupure dans ma catégorie d’âge pour l’édition de cet automne est de 4 h 12 min 13 s plutôt que le temps officiel de 4 h 20 min.
Mon dernier marathon s’est déroulé de façon virtuelle à Montréal en octobre 2020 et j’ai fait un temps non officiel (temps chronométré par moi-même) de 4 h 9 min 14 s, mon meilleur temps à ce jour, ce qui en théorie me permettrait d’obtenir une place pour Boston. Vous comprendrez évidemment que les marathons virtuels ne sont pas acceptés comme BQ; il serait trop facile de tricher!
Ainsi, en vue de me qualifier pour une participation éventuelle à Boston, je ferai cet automne le marathon de Berlin le 26 septembre prochain, en espérant qu’à cette date la tenue d’un tel type d’évènement sera permise. Si ce n’est pas le cas, j’irai pour le plan B, soit une participation au marathon du P’tit Train du Nord (dans les Laurentides), marathon reconnu aussi comme un BQ, le 4 octobre prochain, en espérant encore une fois que l’évènement ait lieu.
J’ai toujours aimé bouger et la perspective de courir à Boston en 2022, ou plus tard, me garde bien motivée pour relever ce défi. Avec une charge de course variant entre 50 et 60 kilomètres par semaine d’ici septembre prochain et des entrainements variés, l’objectif d’une qualification pour Boston est réaliste. Je demeure confiante en mes capacités, mais malgré un plan d’entrainement rigoureux, rien n’est encore acquis pour l’instant. Le risque de blessures provoqué par un surentrainement est un danger qui guette tous les coureurs, qu’ils soient débutants ou avancés, et j’en suis bien consciente.
Bref, ce qui a commencé il y a quelques décennies par un simple « tour du bloc » s’est transformé au cours des dernières années en une activité plus ambitieuse, mais tout aussi agréable. Je souhaite que les nombreuses amitiés développées à travers mon club de course à pied, le sentiment de liberté à franchir plusieurs kilomètres et la vitalité du corps et de l’esprit qui en résultent m’accompagnent encore pendant de nombreuses années, alors qu’à court terme mon plan d’entrainement en vue d’une éventuelle participation au marathon de Boston devrait me rapprocher de mon rêve.
Anne
Anne participe à notre Défi de 60 millions de pas.

