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Laboratoire d’apprentissage mobile

LABORATOIRE D’APPRENTISSAGE MOBILE

La raison d’être du Laboratoire d’apprentissage mobile

La Fondation 60 millions de filles plaide en faveur de l’apprentissage pour les enfants – surtout les filles – dans les pays pauvres afin de leur permettre d’avoir les habiletés nécessaires pour réussir au 21e siècle. Si les enfants n’ont pas acquis les compétences en lecture et en mathématiques appropriées selon leur âge, comment peuvent-ils/elles être des membres productif/ves de leur communauté? Comment peuvent-ils/elles sauvegarder la planète et devenir des citoyen(ne)s responsables partout au monde? Et, comment pourront-ils/elles prendre des décisions informées fondées sur la logique, le raisonnement et les preuves?

En n’éduquant pas tous les enfants, le monde perd le potentiel humain que ces enfants représentent; et, les enfants ne pourront pas bénéficier des habiletés et de la façon de penser résultant d’une éducation.

Les données démontrent que, malgré qu’il y ait plus d’enfants à l’école, plusieurs, sinon la plupart, des enfants dans les pays pauvres ont de la difficulté à acquérir les habiletés fondamentales. En 2017, 617 millions d’enfants des quatre coins du monde n’avaient pas atteint les seuils minimaux de compétence en lecture et en mathématiques, incluant 87 % des enfants d’âge de fréquenter le cycle primaire en Afrique subsaharienne. En 2019, la pauvreté des apprentissages – soit un nouvel indicateur élaboré conjointement par la Banque mondiale et l’Institut de statistique de l’UNESCO – a découvert que 53 % des jeunes de 10 ans et moins provenant des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire ne pouvaient pas lire et comprendre un passage approprié pour leur âge. À la suite de la fermeture des écoles à cause de la COVID, on s’attend à ce que le déficit des apprentissages monte à 70 %.

Nous croyons que tous les enfants devraient avoir l’occasion d’apprendre; mais, les modalités d’apprentissage et de motivation des étudiant(e)s ne fonctionnent pas. Notre mission est avant tout de trouver des moyens d’offrir une éducation à tous les enfants – et ceci implique l’exploration d’approches non-traditionnelles comme l’apprentissage axé sur l’enfant et autodirigé selon lequel tous les enfants peuvent apprendre à leur propre rythme et selon leurs propres besoins.

Notre conférence virtuelle de 2020, L’avenir de l’éducation est l’inclusion radicale, a mis en évidence notre perspective que tous les enfants doivent être inclus dans les initiatives éducatives, quel que soit leur lieu de résidence, genre, habilité ou invalidité, ou statut de réfugié(e).

De plus, les communautés, parents et enseignant(e)s doivent faire partie de la solution en vue d’aider les étudiant(e)s à acquérir les compétences requises dans un monde moderne. La recherche démontre que les anciennes méthodes des présentations faites en classe sans la participation des étudiant(e)s doivent être remplacées par un procédé éducatif qui implique activement les étudiant(e)s, enseignant(e)s et les familles. Nous avons pondéré comment nous pourrions le mieux appuyer les étudiant(e)s dans les pays en voie de développement à faire de cet objectif une réalité.

Pourquoi nous avons créé le Laboratoire d’apprentissage mobile

En 2013, un voyage dans le district de Kabala en Sierra Leone a déclenché le désir chez Wanda Bedard, la fondatrice et présidente de 60 millions de filles de placer l’accent sur l’apprentissage et non pas seulement sur l’accès à l’école. Elle avait noté que les enfants dans les écoles du village local ne savaient pas lire ou répondre aux lettres d’ami(e)s correspondant(e)s apportées d’écoliers de la région de Montréal du même âge et du même niveau scolaire. À la suite de plusieurs années de pondération, d’essais et de recherche, le Laboratoire d’apprentissage mobile (LAM) a été créé en 2016.

En maintenant l’objectif d’avoir le plus grand impact avec des ressources limitées, notre équipe de R&D a pondéré certaines des questions suivantes en élaborant le LAM :

  • À quoi sert l’école?
  • Si les enseignant(e)s ne sont pas formé(e)s, comment est-ce que les enfants peuvent obtenir l’information dont ils ont de besoin pour apprendre?
  • Comment est-ce que les enfants peuvent apprendre sans les manuels et les ressources d’apprentissage de base?
  • Si une région rurale n’a pas accès à la connectivité Internet ou à l’électricité, les enfants peuvent-ils malgré tout accéder à des ressources éducatives hors ligne?
  • Comment peut-on rendre l’apprentissage plus amusant?
  • Comment est-ce que les technologies éducatives (TechEd) peuvent apporter un changement important quant aux habiletés fondamentales en offrant aux enfants et jeunes des ressources d’apprentissage additionnelles?
  • Les technologies éducatives peuvent-elles rehausser les compétences non-cognitives comme la confiance en soi, la motivation intrinsèque et le désir de réussir?
  • Est-ce que l’apprentissage est rehaussé lorsque les enfants travaillent ensemble?

Qu’est-ce que le Laboratoire d’apprentissage mobile?

Le LAM comprend un serveur (Remote Area Community Hotspot for Education and Learning ou RACHEL) qui est le point chaud pour les communautés isolées quant à l’éducation et l’apprentissage et qui peut sauvegarder 1 To de données, plusieurs tablettes ou autres appareils pour les usagers, ainsi qu’un panneau solaire.

Les ressources éducatives peuvent être téléchargées sur le RACHEL afin de permettre aux usagers d’accéder à l’information grâce à une connexion Wi-Fi sans connectivité Internet. Le contenu sur RACHEL peut être adapté afin de répondre aux besoins du contexte local. Vous pouvez trouver ici les ressources qui sont présentement offertes avec le LAM.

L’idée de l’apprentissage autodirigé sous-tend le LAM étant donné que nous voulions rendre l’apprentissage disponible à tous les enfants. Cette éducation personnalisée est la modalité d’apprentissage en dehors de la salle de classe, dans le monde réel et pendant toute la vie. Nous croyons que cette approche est sensée et qu’elle s’aligne bien avec l’objectif éducatif de l’Objectif de développement durable 4 (SDG 4) qui vise à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ».

En mettant en place les LAM après l’école, ou dans les centres communautaires locaux, les enfants qui ont besoin d’aide supplémentaire ont accès à des outils et les enfants qui veulent rehausser leur apprentissage en explorant des sujets qui les intéressent peuvent le faire. Nous savons que les enseignant(e)s pourraient se sentir intimidé(e)s par cette nouvelle technologie; le modèle après-école atténue cette préoccupation.

L’un des avantages de l’utilisation du LAM pour l’apprentissage autodirigé est que le RACHEL n’a que le contenu éducatif choisi selon les besoins des communautés locales. Les enfants ne peuvent pas accéder à l’Internet pour visiter des sites aléatoires.

De plus, les habiletés non cognitives, comme la confiance en soi, la motivation intrinsèque et le niveau d’aspiration, sont essentielles afin de rehausser le développement socio-émotionnel des enfants et ont été sérieusement pris en considération dans l’élaboration du LAM. Pour nous, des résultats positifs dans ce secteur sont tout aussi importants que l’élaboration de solides compétences en lecture et en calcul qui sont essentielles au succès dans les emplois axés sur la technologie en ce 21e siècle. C’est pourquoi nous avons pris en considération comment le LAM pourrait impacter la motivation intrinsèque (comme, « je travaille fort parce que j’aime apprendre des choses nouvelles ») comparativement à la motivation extrinsèque (comme, « je lis les choses que mon enseignant veut que je lise » et la confiance en soi (comme, « j’aime faire des plans pour des études et mon travail d’avenir »).

Selon notre projet pilote en Sierra Leone de 2016 à 2018, notre expérience quant à l’apprentissage autodirigé démontre que la prise de photographies ou la création de vidéos est intéressante pendant quelques minutes lorsqu’ils/elles commencent à avoir accès à la tablette. Par la suite, les étudiant(e)s placent l’accent sur le contenu éducatif. Cette approche responsabilise les enfants quant à leur apprentissage. Le Hole in the Wall Project, de Sugata Mitra en Inde, a démontré que les enfants sont curieux et des solutionneurs de problèmes naturels.

La recherche actuelle a démontré que l’apprentissage autodirigé semble être le plus efficace lorsqu’elle complémente ce qui est enseigné en classe plutôt que lorsqu’elle remplace l’apprentissage offert par un(e) enseignant(e). Cependant, lorsque les classes sont surpeuplées et/ou les enseignant(e)s non formé(e)s, le contenu additionnel offert par le LAM peut s’avérer être un outil utile pour les enfants qui désirent rehausser leur compréhension de certains sujets en particulier. Il peut aussi permettre aux étudiant(e)s d’apprendre des sujets non-académiques, comme les droits des filles, les problèmes pour les femmes et leur santé, surtout en ce qui a trait à la santé sexuelle et reproductive que les étudiant(e)s peuvent trouver intimidants ou dont ils/elles ne peuvent parler ouvertement. Certains de nos partenaires ont créé du matériel approprié selon le contexte sur ces sujets et l’ont téléchargé sur le RACHEL afin de permettre aux étudiant(e)s d’y accéder.

À la fin, nous croyons que l’apprentissage devrait être amusant et que les enfants devraient avoir l’occasion d’explorer des nouvelles idées et des nouveaux concepts par eux-mêmes.

Impliquer les enseignant(e)s

Même si nous croyons que l’apprentissage autodirigé peut favoriser le progrès des enfants, ceci ne minimise nullement le rôle des enseignant(e)s formé(e)s quant à l’engagement des étudiant(e)s dans un sujet et à la création d’un environnement d’apprentissage interactif. En fait, la pandémie de la COVID-19 a démontré l’importance d’un environnement d’apprentissage solidaire – enseignant(e)s, parents et communauté – afin d’assurer le succès de l’enfant.

Cependant, pour les enseignant(e)s non formé(e)s en pédagogie ou en compétences technologiques de base, l’ajout de la technologie éducative au curriculum pourrait dépasser leurs compétences. Il pourrait être intimidant pour les enseignant(e)s si les étudiant(e)s acquièrent les compétences technologiques fondamentales plus rapidement qu’eux/elles. Dans le cadre de notre projet pilote, et les autres projets qui ont utilisé la même technologie, les étudiant(e)s pouvaient apprendre par eux-mêmes comment allumer les tablettes, se raccorder au logiciel, accéder à la caméra et trouver les jeux sans directives antérieures et sans connaissances des ordinateurs. En fait, la majorité n’avait jamais touché une tablette ou un téléphone auparavant.

Le LAM peut offrir une plateforme additionnelle pour aider plus d’enfants à atteindre leurs objectifs académiques en leur donnant accès à du matériel éducatif amusant, interactif et à jour. Il peut aussi offrir aux étudiant(e)s des ressources auxquelles ils/elles n’auraient pas accès autrement. Mais, il doit être mis en place pour répondre aux besoins de la communauté.

De plus, nous croyons que, même si la technologie ne peut pas remplacer un(e) bon(ne) enseignant(e), lorsque le nombre d’enseignant(e)s formé(e)s est limité, le LAM peut offrir une source additionnelle d’information qui permet aux enfants d’explorer les nouveaux sujets qui les intéressent et renforcer les concepts enseignés en classe. En plus de l’apprentissage des étudiant(e)s, le LAM peut aussi aider quant à la formation des enseignant(e)s, tout comme l’ont démontré des projets que nous avons financés au Guatemala et au Nicaragua.