Ouvrir toutes les portes du monde
| Ce billet de blogue fait partie de « 20 ans, 20 histoires », une série soulignant le 20e anniversaire de la Fondation 60 millions de filles. Au cours des huit prochains mois, nous partagerons les histoires des personnes qui ont façonné notre parcours — bénévoles, partenaires, donateurs et donatrices, et bien sûr, les filles qui sont au cœur de notre mission. Nous espérons que leurs voix vous inspireront autant qu’elles nous inspirent. |
Une vision qui parcourt les chemins de terre
Il faut une volonté particulière pour rouler pendant des heures sur des routes impraticables dans les zones rurales de la Sierra Leone, à transporter du matériel technologique au cœur des villages où l’électricité est chancelante et l’Internet est inexistant — et la volonté de le faire non pas une fois, mais encore et encore. Tout ça parce que l’on croit, sans réserve, que les enfants au bout de ces routes méritent la même éducation que n’importe qui d’autre sur la planète.
Cette volonté s’incarne en la personne de Samuel Momoh.

Samuel Momoh, directeur national de World Possible en Sierra Leone
En tant que directeur national de World Possible en Sierra Leone, Samuel œuvre depuis des années à la croisée de la technologie, du communautaire et de l’éducation des filles. Fondée en 2008, World Possible est une organisation à but non lucratif qui construit des serveurs Wi-Fi portables alimentés à l’énergie solaire appelés RACHEL (Remote Area Community Hotspot for Education and Learning) qui fournissent du contenu éducatif gratuit à des endroits sans connexion Internet. Entre les mains de quelqu’un comme Samuel, RACHEL est plus qu’un appareil, c’est une passerelle.
Le partenariat de Samuel avec la Fondation 60 millions de filles a débuté par l’intermédiaire de CAUSE Canada, l’organisation de développement international qui collabore avec 60 millions de filles depuis 2011 afin de fournir une éducation de qualité à certaines des communautés les plus défavorisées en Sierra Leone. Chez CAUSE Canada, Samuel occupait le poste de coordonnateur de l’apprentissage en ligne, où il était chargé de mettre en œuvre le laboratoire d’apprentissage mobile — un programme qui a introduit l’apprentissage numérique hors ligne dans des salles de classe.
Étancher la soif d’apprendre
Les communautés dans lesquelles Samuel travaillait faisaient face à des obstacles redoutables. L’électricité était instable. L’accès à Internet était quasi inexistant. Le matériel pédagogique de base était difficile à trouver. Toutefois, l’arrivée de RACHEL dans ces salles de classe a permis une transformation.
« Des enfants qui n’avaient jamais touché un ordinateur ont soudainement eu accès à des milliers de ressources éducatives, à des leçons interactives en mathématiques et en sciences, ainsi qu’à des bibliothèques numériques qui ont nourri leur imagination », se souvient Samuel. « L’apprentissage a pris vie. Les salles de classe sont devenues des espaces d’exploration où les enfants pouvaient laisser libre cours à leur curiosité. »
La transformation s’est manifestée surtout chez les filles. Dans des communautés où l’on attendait des filles qu’elles restent sagement en marge, elles ont commencé à s’affirmer — en posant des questions, en résolvant des problèmes, en assumant des rôles de leadership au sein de leurs écoles.
« Quand on scolarise une fille, on scolarise toute une génération. » — Samuel Momoh

Les dirigeants communautaires, les parents et les membres du Club des Mères se sont réunis dans le district de Falaba pour affirmer leur soutien à l’initiative du Centre d’Apprentissage Villageois, où le Chef Paramountcy a honoré l’occasion par une cérémonie traditionnelle de la noix de cola, symbolisant l’hospitalité, le respect et l’engagement envers le partenariat.
Grâce à l’engagement communautaire et à la création des Clubs de mères, les familles ne restaient plus à l’écart, mais devenaient des partenaires actifs de l’éducation. Les mères sont devenues des alliées plaidant en faveur de leurs filles. Les communautés sont devenues les gardiennes de ces nouveaux espaces d’apprentissage.
De l’état de projet à un mouvement
Ce qui avait commencé comme une série d’interventions s’est progressivement transformé en mouvement durable. En collaboration avec CAUSE Canada et 60 millions de filles, Samuel a contribué à la création de centres d’apprentissage villageois à Koinadugu, Falaba et dans la région de Kabala — des espaces alimentés à l’énergie solaire et équipés de matériel numérique, construits et entretenus en partenariat avec les dirigeants locaux. Les enseignants ont été formés pour intégrer la technologie dans leur pratique. La direction des écoles a été renforcée. Et le modèle, conçu dès le départ pour être autonome, a continué à se développer bien après le démarrage.

Enfants en classe en train d’utiliser le RACHEL.
Samuel parle sans détour des obstacles rencontrés en cours de route : les chemins difficiles d’accès, les infrastructures insuffisantes et les ressources limitées. Mais il est tout aussi clair sur ce qui l’a poussé à continuer. « Derrière chaque obstacle, il y avait un enfant qui attendait d’apprendre », dit-il. « Chaque défi n’a fait que renforcer notre engagement. »
Certains souvenirs resteront gravés précieusement dans sa mémoire : la jeune fille émerveillée d’avoir effectué un calcul mathématique sur une plateforme numérique ; un enseignant fier d’affirmer que cela a changé à jamais sa façon d’enseigner ; des communautés entières se mobilisant pour construire et soutenir leurs propres espaces d’apprentissage.
Alors que 60 millions de filles célèbre son 20e anniversaire, Samuel réfléchit à ce que ces vingt ans de travail signifient réellement. « Deux décennies ne sont pas seulement une mesure du temps », dit-il. « Elles sont un témoignage de détermination, de résilience et d’impact. » Il s’empresse d’ajouter que le travail est loin d’être terminé. Des millions de filles attendent toujours d’avoir accès à l’éducation, attendent toujours l’occasion rêvée, attendent toujours qu’on croie en elles. « Je pense », dit-il simplement, « que nous sommes là pour ça. »
L’histoire de Samuel vous interpelle ? Derrière chaque centre d’apprentissage villageois se cache un réseau de partenaires, de donateurs et de personnes convaincues qui l’ont rendu possible. Si vous souhaitez contribuer à offrir une éducation de qualité à davantage de filles dans les zones rurales de la Sierra Leone et au-delà, envisagez de soutenir la Fondation 60 millions de filles.