POSTED BY 60milliongirls | Apr, 20, 2020 |

L’éducation est une victime du coronavirus

L’impact du coronavirus sur l’éducation des enfants pourrait s’avérer être l’une des conséquences à long terme les plus perturbatrices de cette pandémie. L’UNESCO estime que, dans le monde, 91 % des apprenants qui étaient inscrits à l’école primaire jusqu’à l’université ne sont plus scolarisés.

Source : UNESCO, le 6 avril 2020. Veuillez cliquer pour une version interactive.

Pour certains étudiants, cette pandémie se traduira par des semaines, voire des mois, d’enseignement à distance, suivis de quelques ajustements à l’approche de la nouvelle année scolaire.

Pour d’autres, par contre, l’apprentissage à distance sera très difficile à réaliser. À mesure que l’enseignement à domicile prendra le relais, les enfants dont les parents sont eux-mêmes sans instruction, voire analphabètes, seront nettement désavantagés. Ce ne sont pas toutes les familles qui ont accès aux ordinateurs, tablettes, connexions Internet et au logiciel Google Classroom qui rendent possible l’apprentissage à distance. En d’autres termes, les nantis continueront à apprendre et les démunis prendront encore plus de retard. Cela vaut aussi bien pour les communautés des pays riches que pour celles des pays à faible revenu où l’apprentissage était déjà à la traîne.

Avant même le début de cette crise, en plus de faibles résultats d’apprentissage dans de nombreux pays, 258 millions d’enfants et d’adolescents n’étaient pas scolarisés (donc pas inclus dans le 1,6 milliard d’enfants non scolarisés à la suite de la COVID-19). Alors que le démantèlement des grands barrières à l’éducation pour certains groupes vulnérables, comme les enfants handicapés, les réfugiés, les enfants des zones rurales et les filles, s’est déjà révélé difficile à gérer, les efforts visant à scolariser tous les enfants d’ici 2030 étaient déjà confrontés à un manque de financement. Aujourd’hui, assurer une éducation de qualité à tous les enfants et à tous les jeunes est encore plus difficile.

Le coronavirus, une menace pour la sécurité et l’éducation des filles

Dans les pays à faible revenu, pendant que les enfants attendent la fin de la pandémie, on craint vraiment que beaucoup ne retournent plus à l’école une fois la crise passée. Pour les filles, cette réalité est encore plus aiguë. Il suffit de regarder la crise Ebola en 2014-16 pour savoir que, lorsque les filles ne sont pas scolarisées, elles perdent la protection et la sécurité de cet environnement.

Un rapport de Plan International note que, suite à la crise Ebola, de nombreuses filles ne sont pas retournées à l’école pour cause de grossesse – souvent à la suite d’un viol. Dans certaines régions de la Sierra Leone, les grossesses chez les adolescentes ont augmenté de 65 %. Dans d’autres cas, les parents, ou les proches des enfants orphelins, n’ayant plus les moyens d’envoyer les enfants à l’école, ont marié leurs filles.

L’UNESCO a proposé six actions pour aider les enfants à faire face à cette pandémie. Vous pouvez les lire ici.

Déploiement du laboratoire d’apprentissage mobile pour l’apprentissage à distance

 De notre côté, 60 millions de filles travaille avec certains de nos partenaires passés et actuels pour adapter les projets à cette nouvelle réalité. Nous cherchons des moyens de soutenir les filles à risque afin qu’elles puissent retourner à l’école une fois que la pandémie se sera calmée. Nous examinons également comment nous pouvons combler le fossé éducatif entre les directives de rester à la maison et le moment où tous les enfants peuvent retourner à l’école à l’aide de notre laboratoire d’apprentissage mobile (LAM).

Le LAM présente des avantages évidents pour les enfants des zones rurales et isolées. Il n’a pas besoin de l’Internet pour accéder à un large éventail de matériel d’apprentissage amusant et interactif. Grâce aux panneaux solaires, même les villages qui ne disposent pas d’une alimentation électrique régulière peuvent charger les tablettes et le RACHEL – la base de ce système d’apprentissage hors ligne.

Crédit photo : Josiane Farand

En plus, le LAM fonctionne très bien pour l’apprentissage autonome. En fait, c’est ainsi que nous l’avons d’abord déployé. Le LAM permet aux enfants de trouver des informations eux-mêmes, de rechercher des idées et d’apprendre des concepts qui les intéressent. Dans les régions où les enseignants ne sont pas formés, notre projet pilote en Sierra Leone a montré l’effet positif qu’il peut avoir sur l’apprentissage et la confiance en soi des enfants. Le LAM pourrait également fonctionner pendant cette crise.

Cependant, comme nous travaillons sur différentes façons d’utiliser le LAM, il est évidemment essentiel de garantir d’abord la sécurité des enfants, de leurs familles et des coordinateurs du LAM par une distanciation sociale ou physique.

Toutefois, en nous adaptant à cette nouvelle réalité tout en nous abritant sur place, sachez que nous continuons à chercher le meilleur moyen de répondre aux besoins des enfants les plus vulnérables du monde afin de garantir qu’ils restent à l’école et qu’ils bénéficient du leur droit à une éducation de qualité.

Pour plus d’informations sur nos activités, veuillez nous suivre sur Facebook et Twitter.

TAGS : l'apprentissage l'éducation des filles laboratoire d'apprenissage mobile

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