Éduquer les Enfants les plus Vulnérables du Monde

Chaque jour, il semble, nous entendons parler des enfants privés d’éducation. Les raisons varient énormément et incluent la guerre et les conflits, le mariage précoce, le sexe et les effets écrasants de la pauvreté. Avec 124 millions d’enfants et adolescents non scolarisés, l’ampleur du problème peut sembler intimidante. De plus, l’éducation de mauvaise qualité offerte à un grand nombre d’élèves signifie que beaucoup d’enfants peinent à acquérir les compétences de base en littératie et en numératie, lesquelles sont nécessaires pour aller de l’avant dans la vie. Beaucoup de travail est à faire pour s’assurer que chaque enfant a la chance d’aller à l’école et d’apprendre. À la Fondation 60 millions de filles, nous travaillons à découvrir de nouvelles façons de rejoindre efficacement certains de ces enfants les plus vulnérables en soutenant des projets innovants qui visent un maximum d’impact.

Pour atteindre nos objectifs, nous investissons une énorme quantité de temps et d’énergie dans le choix de nos projets et la liaison avec les partenaires internationaux afin de trouver du matériel d’apprentissage et des modes de distribution efficaces.

Les besoins sont énormes et nos ressources sont limitées. Nous en voulons le plus possible pour notre argent et nous visons un impact le plus grand et le plus durable qui soit. Nos investissements ont ainsi un «effet multiplicateur». Chaque dollar investi maintenant génère des bénéfices encore plus grands. La durabilité de nos investissements est cruciale, car les générations futures doivent pouvoir en bénéficier maintenant.

Le nombre d’enfants non scolarisés a diminué de façon importante de 2000 à 2007, avant de se stabiliser par la suite à un niveau qui demeure tout de même élevé. Les données récentes démontrent une légère augmentation du nombre d’enfants non scolarisés. Si nous continuons sur cette voie avec des améliorations marginales qui peinent à suivre la croissance de la population, il faudra près de 70 ans avant que tous les enfants puissent terminer une éducation de niveau secondaire de base. Cela n’est tout simplement pas acceptable. Il est nécessaire de considérer une nouvelle approche. La question est de savoir COMMENT atteindre ces enfants.

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Heureusement, du matériel éducatif d’accès libre et gratuit (open source) et de nouvelles technologies mobiles ouvrent la porte à une myriade de possibilités. Notre équipe de recherche a analysé les meilleures pratiques et les moyens les plus efficaces pour intégrer ces technologies dans le processus d’apprentissage.

Notre projet en Sierra Leone cette année permettra aux filles et aux garçons d’une communauté éloignée d’avoir accès à distance au matériel d’apprentissage hors ligne KA Lite et Fantastic Phonics après les heures de classe. Nous voulons que le programme soit amusant afin d’allumer et de maintenir la passion de l’apprentissage chez les enfants. De plus, grâce à un partenariat avec l’Université McGill, nous allons mesurerons les résultats du projet afin de mieux comprendre l’impact de nos investissements et leur applicabilité à différents groupes d’enfants non scolarisés.

Vous pouvez aider. Les enfants sont le futur. Contribuez à ce que chaque enfant reçoive une éducation de qualité.

Attirer et retenir les filles à l’école

En ce milieu de septembre, les enfants un peu partout au Canada ont repris le chemin de l’école pour acquérir des connaissances et forger de nouvelles amitiés. Ils évoluent dans la dynamique sociale alimentée par leurs pairs et leurs enseignants. Cette dynamique leur servira toute leur vie.

Et pourtant, près de 58 millions enfants d’âge primaire partout au monde n’ont pas cette chance. La fréquentation scolaire des enfants, surtout des filles, dans les pays en développement est décisive : le fait de terminer leurs études primaires peut faire une différence énorme dans leurs vies. Cela affecte les décisions que les parents prennent et les ressources auxquelles ils ont accès. Une mère qui sait lire et écrire, par exemple, a 23 % plus de chance de recourir à l’aide à l’accouchement. Ils peuvent mieux gagner leur vie et commandent plus de respect à titre de gagne-pain dans leur foyer et dans leurs communautés.

Un graphique de l’UNESCO illustre les nombreuses facettes de la vie qui sont influencées par l’éducation et l’alphabétisme. Les bienfaits de l’éducation sont nombreux. Mentionnons la santé de la mère et de l’enfant, les perspectives d’emploi, un taux réduit de mariages en bas âge, une croissance économique accrue, la tolérance et le respect de l’environnement. Plus particulièrement, comme nous l’avons déjà soulevé précédemment dans ce blogue, l’éducation donne aux femmes et aux filles l’habileté et la confiance de s’exprimer.

Sur notre page Facebook, nous avons parlé de divers facteurs tels que les conflits et les mariages en bas âge qui sont des obstacles à la fréquentation scolaire. L’UNESCO examine également « l’intention » pour mieux comprendre qui sont ces enfants qui ne fréquentent pas l’école.

À cet égard, l’UNESCO a divisé les enfants ne fréquentant pas l’école en trois catégories : ceux qui ont décroché (environ 23 %), ceux qui comptent y retourner (34 %) et ceux qui n’auront jamais la chance d’y aller (43 %).

« Alors qu’au niveau mondial, l’accès à l’éducation s’est amélioré, les progrès accomplis en matière de réduction du nombre d’enfants qui quittent l’école
avant d’accéder à la dernière année du primaire sont faibles. Environ 135 millions d’enfants ont commencé l’école primaire en 2012, mais si la tendance actuelle se confirme, 34 millions d’enfants (dont certains ont dépassé l’âge officiel du primaire) quitteront l’école avant d’avoir commencé la dernière année du primaire. »
(Document d’orientation 14/Fiche d’information 28, juin 2014)

Par le passé, nous avons parlé dans le blogue des normes sociales qui poussent les filles à quitter l’école. À vrai dire, les droits de scolarité, le coût des uniformes et le coût des livres sont aussi un facteur important. La question pécuniaire est cruciale. Au Burundi, par exemple, le gouvernement a éliminé les droits de scolarité en 2005. Le taux d’inscription dans les écoles primaires est passé de 54 % à 74 % en 2006. Dès 2010, 94 % des enfants d’âge primaire prenaient place sur les bancs d’école.

Il est clair qu’un meilleur taux de fréquentation scolaire constitue la première étape pour amener plus d’enfants à l’école. Il reste beaucoup de travail à faire, mais nos efforts pour atteindre un monde plus équitable porteront leurs fruits à long terme.