2009 – Honduras

ACCROITRE L’ACCÈS À L’ÉDUCATION DES INDIENNES LENCA, AU HONDURAS

Partenaire : ACCESO International

Les indiens Lenca sont l’une des populations autochtones du Honduras les plus démunies et les plus opprimées. Dans la région de San Francisco de Opalaca, l’une des plus pauvres du pays, 90 % de la population vit dans la pauvreté (dont 70 % dans la misère). Les conditions sont si désespérées que les familles ne peuvent pas acheter les aliments de base. Elles peuvent donc encore moins acheter les fournitures scolaires et les uniformes exigés pour que les enfants puissent être admis à l’école primaire.
À court terme, ce projet en partenariat avec l’organisme ACCESO International accroitrait l’accès à l’éducation de 250 indiennes Lenca, âgées de 5 à 18 ans. Il leur offrirait la possibilité de recevoir une éducation, ce qui va changer leur vie. Ces filles vivent dans des villages de montagne et dans la municipalité de San Francisco de Opalaca, dans la partie nord du département de Intibucá, dans le sud-ouest du Honduras. Ces villages sont isolés et très peu de services y sont dispensés (voir la carte). Le projet aiderait les filles à faire tomber des barrières patriarcales paralysantes; leurs droits et leur dignité seront mieux respectés et leur employabilité sera accrue.
Cette initiative permettrait également une augmentation de la fréquentation scolaire et une amélioration de la qualité de l’éducation pour plus de 3 000 enfants dans la région de San Francisco de Opalaca.

Premières bénéficiaires de ce projet, des jeunes Lenca qui vivent dans la région de San Francisco de Opalaca, au Honduras, pourront poursuivre leurs études au-delà de la 6e année, une chance considérable et unique pour la plupart de ces filles. Veuillez noter que ce projet s’échelonne sur trois ans. Il a été conçu pour que les élèves des deux cycles du cours secondaire (chacun d’une durée de trois ans) obtiennent leur diplôme. Le projet va soutenir :

    • la construction d’une résidence étudiante à Monte Verde : 32 jeunes filles Lenca, venues de villages reculés sans école secondaire ni moyen de transport, vont y être pensionnaires et y suivre les cours du premier cycle du secondaire. Elles fréquenteront l’école secondaire Juan Lindo. À la résidence, les jeunes filles prendront des repas nutritifs, elles seront protégées et encadrées et elles bénéficieront également d’un soutien affectif et éducatif. Dans les années qui viennent, la résidence pourra héberger plusieurs générations de jeunes Lenca, des centaines et même des milliers de jeunes filles;
    • la remise de bourses d’études : des bourses d’études seront remises à de jeunes Lenca pour qu’elles puissent terminer leur cours primaire et faire des études secondaires. Ces bourses couvriront toutes les dépenses : frais d’inscription et de scolarité, uniformes, fournitures scolaires, transport, hébergement et repas. Avec cet appui, les filles pourront obtenir un diplôme. L’écart entre les femmes et les hommes, quant au nombre de diplômes décernés dans cette région, va donc diminuer. Les jeunes boursières fréquenteront l’une des écoles suivantes de La Esperanza (la capitale de la région de San Francisco de Opalaca) : l’Instituto Martianiano Aguilar Villanueva, l’Instituto Departamental del Occidente ou l’Escuela Normal del Occidente. Cette dernière est une école de formation des maîtres : ces jeunes filles seront enseignantes dans leur village, ce qui assurera aux enfants des différentes communautés une qualité d’éducation supérieure et constante;
    • des ateliers sur les droits humains : ces ateliers contribueront à l’éducation et à l’autonomisation des filles. En acquérant les moyens de vaincre les multiples formes d’oppression et d’exploitation auxquelles elles sont confrontées, les jeunes Lenca vont devenir des femmes conscientes de leur droit à l’égalité entre les genres, à l’égalité aux plans culturel et éducatif ainsi qu’en emploi. Les ateliers se dérouleront à Monte Verde pour les élèves du premier cycle du secondaire, à La Esperanza pour les élèves du deuxième cycle, et dans les villages pour les filles du cours primaire et leur famille;
    • des groupes d’entraide et du counseling individuel : ces services aideront les filles à régler les questions touchant l’école, l’inégalité des genres, l’éloignement géographique, les conditions économiques désavantageuses ainsi que les questions touchant l’adolescence, par exemple les besoins affectifs, sociaux et culturels. Seront aussi offerts des services d’aide aux devoirs et de tutorat. Dans leur apprentissage de l’autonomie, les jeunes filles auront également la possibilité de participer à la préparation des programmes des ateliers sur les droits humains et des groupes d’entraide, pour qu’ils soient ajustés à leurs besoins et que les traditions culturelles Lenca soient intégrées dans le processus. Elles mettront sur pied des projets communautaires grâce auxquels elles pourront partager leurs connaissances et discuter de leurs perspectives d’avenir;
    • la fourniture de matériel d’apprentissage : ce matériel sera distribué dans les écoles primaires de 22 villages reculés, pour hausser le niveau de scolarisation et la qualité de l’éducation des boursières et de leurs 3 000 pairs.
Premières bénéficiaires de ce projet, des jeunes Lenca qui vivent dans la région de San Francisco de Opalaca, au Honduras, pourront poursuivre leurs études au-delà de la 6e année, une chance considérable et unique pour la plupart de ces filles.

Les bénéfices que tireront les filles Lenca de ce projet éducatif :

    • pouvoir étudier, ce qui serait impossible autrement;
    • avoir les ressources et les fournitures nécessaires pour pouvoir fréquenter l’école avec dignité et confiance;
    • recevoir une éducation complète (formative et basée sur le respect du droit à l’égalité entre les genres) pour qu’elles prennent elles-mêmes leur avenir en main;
    • recevoir l’appui dont elles ont un urgent besoin pour améliorer leur estime de soi et développer les outils nécessaires, afin de faire face aux abus et à l’exploitation dans leur environnement familial et public et dans leur milieu de travail;
    • profiter d’un hébergement sécuritaire et d’un accompagnement de soutien durant leurs études.

Ce projet va contribuer à solutionner les problèmes suivants :

    • l’inégalité des genres, dans une société patriarcale qui privilégie les garçons et les hommes en éducation comme en emploi;
    • l’inégalité culturelle : les droits des populations autochtones sont niés et leurs traditions sont menacées de disparition;
    • l’éloignement géographique extrême et l’absence de services à cause du relief montagneux de la région;
    • l’exploitation, la manipulation et les abus, à la maison et dans les milieux de travail non sécuritaires;
    • les conditions économiques très désavantageuses, dues à l’isolement et à des moyens de subsistance réduits au minimum.

Le contexte socio-économique et les obstacles à la scolarisation des jeunes Lenca En offrant la possibilité d’aller à l’école à des jeunes Lenca du Honduras, le pays le plus pauvre d’Amérique latine, la Fondation 60 millions de filles va contribuer à aplanir les difficultés que vivent, au plan éducatif, des filles autochtones très marginalisées et très pauvres. Malgré les travaux d’aménagement et l’augmentation des infrastructures dans la région de San Francisco de Opalaca, l’éducation reste une préoccupation primordiale. Bien qu’il y ait une école primaire dans presque tous les villages, certains enfants ne peuvent pas la fréquenter parce que, souvent, les parents ne peuvent pas payer les couts liés à leur éducation. Dans une école typique de 2 pièces, il n’y a souvent qu’un enseignant pour tous les enfants, responsable des 6 années du cours primaire. Des 22 villages de la région, seul Monte Verde a une école de premier cycle du secondaire (7e à 9e année). En conséquence, peu d’élèves de l’extérieur de la ville poursuivent leurs études au-delà de la 6e année. Le chemin entre les villages et Monte Verde, très accidenté, se fait généralement à pied et selon la distance, il faut de 45 minutes à 7 heures pour le parcourir. À cause de la pauvreté dans laquelle vivent 90 % des Lenca, les familles qui vivent dans les communautés reculées ne peuvent payer le pensionnat à leurs enfants qui veulent continuer d’étudier. Les barrières économiques empêchant la poursuite des études sont insurmontables; l’éducation des filles est une dépense supplémentaire que les parents ne peuvent tout simplement pas assumer. Actuellement, la grande majorité des élèves ne terminent pas leur cours secondaire, et ce sont les filles qui souffrent le plus de cette triste situation. Comme on s’attend à ce que les filles aident leur mère (tâches domestiques, soins à donner aux sœurs et frères plus jeunes, vente des produits agricoles), plusieurs d’entre elles quittent l’école avant la 6e année. Souvent, les filles sont victimes d’abus et exploitées. Et malheureusement, la plupart des femmes adultes ne savent ni lire, ni écrire. Il faut espérer que les résultats obtenus dans le cadre du projet auront une influence sur la vie les futures générations de filles et de femmes et sur les communautés entières, et contribueront à l’amélioration du bien-être des Lenca.