2008 – Afghanistan

ÉTABLISSEMENT ET SOUTIEN DE CENTRES COMMUNAUTAIRES D’ENSEIGNEMENT SÉCURITAIRES POUR LES FILLES EN AFGHANISTAN

Partenaire : UNICEF

Avec l’appui financier de 100 000 $ de la Fondation, 1 300 filles ont pu aller à l’école, grâce à la création et au soutien de 37 centres communautaires d’enseignement. De plus, 80 enseignantes ont été formées pour enseigner un nouveau programme centré sur les élèves et soucieux d’équité entre les sexes. En priorisant la formation d’enseignantes et la scolarisation des filles en Afghanistan, 60 millions de filles a contribué à améliorer de manière déterminante les perspectives en matière d’éducation de toute une génération. Notre priorité à consisté à donner aux filles un accès à l’éducation dans les provinces de Balkh, Jawzjan, Badakhshan, Kabul, Kondoz, Baghlan, Sari Pul et Lowgar. Ces provinces ne sont pas menacées par l’insécurité provoquée par les actions des Taliban.

L’idée préconçue selon laquelle les Afghans ont de fortes réticences culturelles à faire instruire les filles est erronée. En réalité, les trois obstacles les plus sérieux à la scolarisation des filles sont :

    • le manque de milieux d’apprentissage adéquats et adaptés aux besoins;
    • le nombre insuffisant de femmes enseignantes;
    • l’inquiétude concernant la sécurité des filles et leur protection.

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Historique

L’Afghanistan est le pays au monde où il y a le plus grand nombre d’enfants d’âge scolaire (7-12 ans) : près d’un Afghan sur 5 est un enfant d’âge scolaire. En 1964, l’Afghanistan a adopté une loi rendant l’éducation obligatoire et gratuite mais son application a été interrompue par des années de conflits. Sous le régime Taliban, les filles ont été exclues des écoles. En 1999, seulement de 3 à 6 % des filles fréquentaient l’école. Dès la fin de ce régime, l’UNICEF a appuyé le programme Rentrée des classes, programme qui se poursuit à ce jour.

Entre 2002 et 2007, plus de 6 millions d’enfants ont été inscrits à l’école (les filles représentant 35,7 % d’entre eux), le plus grand nombre d’enfants ayant jamais fréquenté l’école en Afghanistan. En dépit de cette augmentation remarquable, près de 50 % des enfants âgés de 6 à 12 ans ne vont toujours pas à l’école. Chez les garçons, le nombre d’inscriptions au cours primaire est presque le double de celui des filles. L’écart est encore plus grand dans les zones rurales.

Actuellement, en Afghanistan, il y a 8 276 écoles officielles. De ce nombre, 4 054 sont des écoles de garçons et seulement 1 353 sont des écoles de filles. On compte 2 869 écoles mixtes. Les filles sont donc désavantagées. Dans de nombreuses zones rurales, le manque d’équipement scolaire demeure un obstacle majeur à l’inscription à l’école.

Aujourd’hui, l’éducation est un puissant outil de reconstruction du pays. L’éducation joue un rôle primordial dans la lutte contre la pauvreté, dans l’acquisition de l’autonomie pour les femmes, dans la promotion de la démocratie et des droits de la personne. La population afghane reconnaît sa valeur. Elle sait que l’éducation constitue sa meilleure chance de se libérer d’un héritage de conflits armés, de pauvreté et de désespoir. Elle sait que c’est grâce à l’éducation que les rêves qu’elle nourrit pour ses filles et ses garçons se réaliseront. Le ministère de l’Éducation de l’Afghanistan s’est engagé tout particulièrement à faire tomber les barrières qui empêchent les jeunes Afghanes d’aller à l’école et d’y terminer leurs études.

Centres communautaires d’enseignement

Comme les écoles officielles sont peu nombreuses et éloignées les unes des autres, les centres communautaires d’enseignement offrent une possibilité de s’instruire aux enfants qui vivent dans les villages de montagne reculés ou dans des communautés isolées, dans le désert. Les élèves et les enseignants peuvent obtenir des manuels scolaires et du matériel pédagogique approuvés par le ministère de l’Éducation, et aussi des fournitures de base comme des nattes et des articles de papeterie. On s’assure également que les filles ont accès à des installations sanitaires adéquates. Ainsi, les filles peuvent recevoir une éducation en attendant la construction d’une école permanente.

L’enseignement peut se donner dans une mosquée ou dans une salle communautaire mais le plus souvent, il se donne dans des pièces mises à disposition par des membres de la communauté.

Les enfants qui fréquentent ce type d’école suivent les mêmes programmes que leurs pairs des écoles officielles—lecture, écriture, exercices de compréhension, mathématiques et sciences – mais dans un cadre informel.

La qualité de l’enseignement scolaire dépend en grande partie des compétences des enseignants. L’Afghanistan est confronté à un manque criant d’enseignants et plus particulièrement d’enseignantes, étant donné que la société exige que les filles, au-delà de la 4e année, n’aient que des femmes comme enseignantes. La communauté joue un rôle actif dans le choix de la personne la plus apte à faire de l’enseignement, habituellement une femme respectée et instruite qui recevra une formation complémentaire, grâce au don de la Fondation.

Chacune des écoles communautaires pourra accueillir, en moyenne, environ 35 enfants et 75 à 100 % des élèves seront des filles âgées de 6 à 10 ans.

L’appui des membres des communautés et leur engagement à promouvoir l’éducation des filles sont des apports essentiels pour que l’accès à l’éducation soit assuré. Une partie des fonds consacrés à la création des centres communautaires d’enseignement ira à la constitution et au soutien d’associations parents-enseignants. Les aînés des communautés participeront à ce projet puisqu’ils auront des contacts directs avec les parents des élèves et les membres influents de leur communauté.

Des shuras (conseils éducatifs) regroupent des aînés représentant leur communauté. Ces conseils sont importants car ils peuvent faire d’une école une réussite ou un échec – pour que l’école remplisse bien sa mission, il faut que la communauté la soutienne. Et si un conseil éducatif est fort et que son appui est constant, les programmes éducatifs seront couronnés de succès. Les membres des shuras participent aux réunions des jirgas (conseils de districts) où ils peuvent exprimer leurs préoccupations concernant la situation de l’éducation dans leur communauté.

Aller à l’école en toute sécurité : la communauté

Dans les zones rurales, des écoles ont été attaquées et bien sûr, la situation inquiète. Plusieurs centaines d’écoles on été prises pour cible au cours des dernières années mais elles ne représentent qu’environ 3 % de toutes les écoles du pays. Les écoles sont un signe visible de reconstruction et de progrès, et des gens semblent redouter un tel progrès. Mais même dans les communautés qui ont été attaquées, les Afghans veulent que leurs enfants, y compris les filles, continuent d’étudier.

L’UNICEF travaille en étroite collaboration avec le Gouvernement de l’Afghanistan et les conseils éducatifs des communautés, dans chaque district, pour assurer la sécurité des élèves, des enseignants et de l’école elle-même.

Pourquoi avons-nous choisi l’UNICEF comme partenaire en Afghanistan?

60 millions de filles a décidé de s’associer à l’UNICEF, pour ce projet spécifique, pour de nombreuses raisons. L’UNICEF est le partenaire de premier plan du ministère de l’Éducation de l’Afghanistan pour la mise en œuvre de sa stratégie en matière d’éducation. L’une des priorités de l’UNICEF est de faire tomber les barrières qui empêchent les filles de s’inscrire à l’école et de finir leurs études. L’UNICEF croit que faire tomber ces barrières est plus complexe que de simplement construire des écoles et former des enseignantes. Cela signifie aborder des questions plus vastes au sein des communautés. L’UNICEF est un organisme très respecté en Afghanistan. Sa capacité à travailler aux plus hauts niveaux, pour renforcer les systèmes, procurer la stabilité et créer des infrastructures solides dont les enfants bénéficient, nous assure de sa responsabilité et aboutit à la réalisation d’engagements à long terme qui maximisent l’efficacité des programmes à l’échelle locale.