L’impact de nos actions

La fondatrice de 60 millions de filles, Wanda Bedard, et deux autres volontaires, Vida Fereydoonzad et Martine Michaud, se sont récemment envolées pour l’Ouganda pour prendre connaissance de l’avancement de projets soutenus par la Fondation, de rencontrer d’autres organismes porteurs et d’en apprendre davantage sur l’éducation des filles à l’aide de la technologie. Les trois bénévoles, qui ont elles-mêmes financé leur voyage, poursuivront ensuite leur périple au Kenya.

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Dans sa lettre ci-dessous, de Wanda Bedard partage avec vous, à chaud, son aventure en Ouganda:

L’impact de nos actions!

Nous en sommes encore au tout début de notre voyage, mais je tiens à partager avec vous ce que nous constatons déjà: l’impact de nos actions va bien au delà de nos investissements en argent. Et, ces mêmes investissements ont un impact qui va plus loin que le simple changement direct du projet.

Nous avons visité le Centre mondial d’innovation en technologie de l’Unicef à Kampala, en Ouganda, et avons rencontré la spécialiste en éducation, Katie Mulloy, et la spécialiste en technologie de l’éducation, Joy Birabwa (originaire de l’Ouganda). Nous avons discuté durant 90 minutes non-stop de leurs expériences ainsi que des bons coups, des difficultés et des défis reliés à la mise en place de l’auto-apprentissage par ordinateur. En effet, l’Unicef emprunte presque le même chemin que nous, ayant été inspiré par le travail de Sugata Mitra. Ainsi, depuis 2008, il travaille par essai et erreur afin de comprendre comment l’éducation par auto-apprentissage peut palier le manque énorme d’enseignants qualifiés et la pénurie perpétuelle de livres et outils pédagogiques dans les pays en développement. Du digital school in a box au drum kiosk (basé sur l’idée des kiosques développés par Sugata Mitra), l’Unicef est passé par plusieurs itérations et chamboulements du concept afin d’en arriver maintenant à se concentrer davantage sur le contenu éducatif et, également, sur sa présentation de façon conviviale, intéressante et motivante pour les jeunes. Comme nous le savons, un contenu sec, plate et ennuyant – aussi pertinent soit-il – ne captera pas plus l’attention des étudiants que celle des enseignants.


Ainsi, l’Unicef a commencé par intégrer le curriculum ougandais dans les kiosques portatifs rendus disponibles pour des enfants de tout âge dans des centres communautaires. Après avoir travaillé sur le contenant (pour assurer sa compatibilité avec les ordinateurs et les protéger contre la poussière, la chaleur et le vol), ils se sont vite aperçus que le contenu était leur plus grand défi.  Il ont donc travaillé à développer leur propre contenu, pour ajouter à ce qui existe déjà, et à faire plus de recherche pour trouver et motiver le développement de contenu convivial pur les utilisateurs. Ils ont constaté que leur contenu était bon, mais difficile d’accès sur l’ordinateur (6 à 7 clics étaient parfois nécessaires afin de trouver l’information recherchée). Il y a quelques années, ils ont donc commencé à travailler avec l’organisme norvégien Design without Borders pour reformater leur contenu de façon plus conviviale sur une plateforme plus dynamique. Le produit final, dont nous avons vu le prototype, sera accessible à tous en ligne fin 2015 (toujours en format utilisable hors connexion). Ce contenu augmentera de façon significative ce qui est déjà sur le Raspberry Pi.

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Les deux spécialistes de l’Unicef connaissaient bien le RPi Rachel! L’Unicef utilise KA Lite maintenant et ont un accord de collaboration avec Khan Academy pour continuer le développement du produit spécifiquement pour les pays en développement. Ils ont trouvé, comme nous, que les jeunes avaient de la difficulté avec l’anglais américain. Ils pensent refaire les vidéos avec l’accent africain anglais. Et, comme nous, ils cherchent à améliorer la littératie des élèves, qu’ils reconnaissent comme fondamentale pour tout le reste.

Je leur ai parlé de Fantastic Phonics, qu’elles ne connaissaient pas et que Joy a immédiatement ouvert sur son ordinateur. Elle a été intriguée et m’a demandé de partager avec eux les résultats de nos démarches à savoir si le logiciel pourrait être utilisé «free source» et quel serait l’impact sur le terrain avec les Peer Literacy girls. Elles ont été étonnées et intriguées par les activités du projet pilote, les résultats qui concordent beaucoup avec leurs expériences, nos recherches et notre réseau de connaissances dans le milieu des ONG ainsi que la façon dont nous avons bâti ce réseau de ressources et d’expertise. L’Unicef prévoit dans la prochaine année un projet massif de M&E (measurement and evaluation) pour valider l’impact de l’auto-apprentissage par ordinateur. Katie nous a aussi parlé d’un collègue au Liban qui se penche également sur l’idée des MOOC, particulièrement dans les camps de réfugiés.

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Tout cela pour vous dire qu’on est sur une piste similaire des grands joueurs et que nos efforts contribuent à l’avancement du projet. Ces deux femmes ont été superbes par leur ouverture et transparence pour parler de leurs succès autant que des défis et difficultés. Cela nous permettra d’encore mieux cibler nos efforts!

Et que dire du Raspberry Pi en action sur le terrain!! Ici à Nyaka, on a fait l’essai pratique à la bibliothèque de l’école. Vous ne pouvez pas imaginer la réaction de Jennifer Nantale, la directrice nationale de Nyaka, quand on a installé ce petit bidule hier en présence de son personnel. Elle était bouche bée. Elle n’en revenait pas et a répété sans cesse qu’elle se sentait comme un enfant à Noël recevant le plus beau cadeau imaginable. Le choc total sur son visage. Son directeur tech et biblio a immédiatement voulu défaire le RPi pour mieux en comprendre les possibilités. Jennifer nous a parlé de son wish list pour Nyaka qu’elle a toujours avec elle. L’accès à des livres et à de l’information pour ses étudiants est sa plus grande priorité depuis longtemps, mais ils n’avaient jamais les fonds et ne pouvaient même pas imaginer comment transporter tout cela dans leur région éloignée. Elle m’a demandé tout au long de la journée si je savais vraiment la valeur de ce cadeau qu’on leur a donné. Elle a immédiatement convoqué son personnel pour lui dire comment il pouvait s’en servir immédiatement pour les étudiants, la formation des enseignants, la formation des mères, l’utilisation par leurs infirmières, les personnes responsables de leur ferme communautaire et les agriculteurs des environs. Tout au long de la journée, elle en a parlé aux autres membres de son personnel qu’elle rencontrait et même aux étudiants lorsqu’elle nous présentait.

On continue aujourd’hui à Katumba, la 2e école primaire de Nyaka à 2 heures de notre base. On arrivera RPi en main!

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