L’aide à l’étranger restreinte et ciblée est la meilleure stratégie

Dans un article du Globe and Mail, paru en début de semaine, Chris Ragan, professeur à l’Université McGill, souligne la valeur des contributions financières délimitées envers les projets de développement. Il cite la fondation 60 millions de filles à titre d’exemple d’une œuvre de charité s’étant dotée d’une démarche efficace.

Il affirme que, « la fondation 60 millions de filles se concentre sur un problème important, évalue les projets selon leur chance de réussite, choisit des partenaires réputés, vérifie si le projet atteint ses objectifs et est entièrement gérée par des bénévoles. Il n’y a aucun salaire ni de frais généraux : un pour cent seulement des fonds recueillis est alloué aux frais administratifs. Peu d’œuvres de charité peuvent en dire autant. »

Le professeur Ragan affirme que l’ancien premier ministre canadien Lester B. Pearson avait émis l’idée, maintenant universellement reçue, que l’aide à l’étranger accordée par les pays développés à ceux qui en ont besoin devrait s’élever à 0,7 % de leur PIB. Le Canada, selon Ragan, y alloue présentement 0,3 % de son PIB. Même ce montant ne fait pas l’unanimité puisque les économistes notamment ne s’entendent pas sur la façon de favoriser le développement. Certains voient d’un bon œil l’accroissement de l’aide à l’étranger tandis que d’autres souhaiteraient qu’elle soit réduite.

Le professeur Ragan signale que Jeffrey Sachs, professeur à l’Université Columbia, a écrit dans The End of Poverty que l’accroissement de l’aide à l’étranger est une étape cruciale pour amorcer toute démarche visant le développement. À l’opposé, Dambisa Moyo, anciennement de Goldman Sachs, est d’avis que l’aide à l’étranger ne fait qu’encourager la corruption, ce qui nuit au développement.

Adoptant une position mitoyenne, l’économiste William Easterly estime que les projets restreints et ciblés sont la voie de l’avenir.
Un point sur lequel tous s’entendent toutefois est qu’il est rentable d’investir dans les filles et les femmes. Au dire du professeur Ragan,

« Les filles éduquées ont toutes les chances de se marier à un âge plus avancé et d’avoir moins d’enfants, ce qui atténue la pression énorme créée par une croissance rapide de la population. Les femmes mariées qui ont un emploi ont plus de chance de gérer les finances familiales. Il y aurait donc moins d’argent dépensé pour acheter de l’alcool et d’autres distractions masculines inutiles et davantage pour assurer l’éducation et la santé des enfants. Tant dans les pays pauvres que les pays riches, un avenir prometteur passe par l’éducation et la santé. »

Il ne fait nul doute que l’éducation des filles est essentielle à toute stratégie de développement.

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