JUIN 2016

L’été – l’école est finie mais le travail se poursuit!

 Alors que l’année scolaire achève pour les enfants, ici et en Sierra Leone, la Fondation 60 millions de filles prend son élan pour accélérer son projet d’auto-apprentissage en Sierra Leone.

Avec l’aide de nos nombreux partenaires à travers le monde, nous sommes en train de fournir aux élèves les ressources nécessaires au développement de leurs compétences de base en matière de lecture et de calcul. Cela peut avoir sur eux un profond impact.

Nous sommes conscients que, même si l’amélioration de la réussite scolaire est importante, l’apprentissage est une notion beaucoup plus large, qui demande l’implication et l’engagement de l’enfant à plusieurs niveaux. Les élèves de la Sierra Leone vivent dans un environnement où il y a peu d’instituteurs qualifiés, où les parents sont souvent analphabètes et où la pauvreté constitue un obstacle majeur au développement de l’éducation, ce qui fait en sorte que les écoles ont peine à fournir les bases d’apprentissage nécessaires. Gardant cela à l’esprit, nous voulons apporter aux enfants de nouvelles sources d’information pour les aider à aller de l’avant.

static1.squarespaceNotre projet de cette année, s’échelonnant sur deux ans, s’inscrit dans cette perspective d’innovation. Il comprend deux volets : un programme d’apprentissage par les pairs et une composante recherche pour évaluer l’auto-apprentissage. CAUSE Canada sera responsable des deux volets. Dans le premier volet, le programme d’apprentissage par les pairs va aider les filles du secondaire à poursuivre leurs études, en leur permettant en même temps de devenir des tutrices en alphabétisation pour les enfants du primaire de leur communauté. Ainsi, après une période de formation de trois semaines, 80 tutrices travailleront avec environ 5 000 élèves, de septembre à juin, en 2016 et 2017, dans le district de Koinadugu, au nord de la Sierra Leone.

Un pré-test débutera à l’automne pour préparer l’intervention en recherche de l’an prochain. À ce moment, nous allons développer des Centres d’apprentissage numériques qui seront offerts à environ 5 000 élèves du primaire en tant qu’activité parascolaire. Ces centres offriront un contenu scolaire interactif dans l’espoir d’augmenter les connaissances acquises à l’école.

RACHEL_Pi_4_largeChaque centre d’apprentissage numérique comportera une aire d’apprentissage (une classe) qui sera équipée de 15-20 tablettes, d’écouteurs et d’un serveur Wi-Fi RACHEL Plus (Remote Areas Community Hotspots for Education and Learning). Le coût de l’équipement, par centre, est d’environ 3 500$. L’équipement sera alimenté par des panneaux solaires qui proviendront d’un fournisseur de la Sierra Leone.

Le RACHEL Plus Raspberry Pi (provenant de notre partenaire de Californie, World Possible) a une capacité de 400 GB de contenu. Il peut relier sans fil jusqu’à 50 appareils, de sorte que les élèves peuvent travailler sur n’importe lequel des milliers de vidéos et d’exercices interactifs en alphabétisation (de notre partenaire australien Fantastic Phonics, avec l’aide de la firme eXplorance de Montréal), en calcul, en sciences et en santé (KA Lite, la version offline de la Khan Academy). D’autres contenus disponibles incluront MIT Scratch (codification), Wikipedia Academic et des milliers de livres numériques, incluant le matériel développé par notre partenaire d’Ottawa, CODE Canada. À noter que le contenu du RACHEL Plus peut être modifié à distance de façon à ce qu’il soit toujours d’actualité et corresponde aux besoins et aux intérêts des élèves.

La professeure Sonia Laszlo, nouvelle directrice de l’Institut d’études en développement international de l’Université McGill, va diriger l’équipe de recherche, en collaboration avec les professeurs Franque Grimard et Jim Engle-Warnick. Notre recherche porte sur les résultats cognitifs ou scolaires, de même que sur les résultats non cognitifs relatifs à la fréquentation des centres d’apprentissage mis en place. Nous serons en mesure d’évaluer des qualités telles que la motivation intrinsèque et la confiance en soi des élèves. Notre intérêt portera aussi sur les changements dans les aspirations susceptibles d’apparaitre après que les enfants auront eu accès à des contenus intéressants, interactifs et amusants, développés pour mettre en valeur leur curiosité naturelle, leurs intérêts et leurs talents.

Nous sommes convaincus que cet effort impliquant plusieurs partenaires et plusieurs pays va développer énormément notre compréhension de ce qui fonctionne efficacement pour améliorer l’apprentissage. Notre action sur l’éducation des filles aura ainsi un plus grand impact à long terme. De plus, tout ce que nous faisons va demeurer « ouvert ». Ainsi, des organisations et des individus à travers le monde auront libre accès aux leçons que nous aurons apprises et ils pourront prendre connaissance des résultats publiés de nos recherches. Par une telle coopération internationale, nous pouvons être réellement certains que nous offrons à tous les enfants les opportunités les plus efficaces et les plus innovatrices pour qu’ils réalisent leur plein potentiel.

Merci d’être avec nous!!

Wanda Bedard
Présidente, 60 millions de filles

Un lunch avec Shirah
Par Paula Gallagher

Le 12 février dernier, j’ai lunché à Nanaimo, C.B., avec une femme remarquable, Shirah. Ces deux heures m’ont rappelé non seulement la raison pour laquelle j’ai joint la Fondation 60 millions de filles et le travail important que nous y accomplissons, mais aussi les filles extraordinaires que nous avons aidées, sans oublier celles qui restent encore à aider. C’est cela, l’effet d’un lunch avec Shirah!

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Shirah Owomugisha est une charmante jeune femme de vingt ans, originaire du district de Kanungu, en Ouganda. C’est une diplômée du projet Nyaka pour orphelins du Sida, fondation que nous avons appuyée en 2012 et 2015. La jeune femme est arrivée en octobre à Nanaimo pour s’inscrire en tant que boursière à l’Université de l’Île de Vancouver. Partant de son village éloigné, Shirah est d’abord passée par Kampala, la capitale de l’Ouganda, puis, via Amsterdam, est enfin arrivée à Vancouver. C’était son premier vol international et elle a réussi à passer seule à travers la foule de l’aéroport Schipol d’Amsterdam sans se perdre!

À partir de là, les « premières » se sont succédées. D’abord, sa première visite au marché (dans son village, les gens mangent ce qui pousse dans leur propre potager). Il y a eu aussi l’adaptation à la température, à la foule, au type de nourriture. Ici, tout est différent! Et, bien sûr, il y a eu les nouvelles technologies à apprivoiser. Ce qu’elle a réussi haut la main, à preuve le fait qu’elle m’a donné toutes les directions vers le lieu de la rencontre à partir de son cellulaire…

Shirah améliore actuellement son anglais en suivant des cours à l’université. Elle compte commencer ses études proprement dites en septembre, probablement en comptabilité ou en marketing. Elle a été émerveillée par la gentillesse sans faille des Canadiens, et apprécie grandement la possibilité de poursuivre ses études. Elle réalise qu’elle ouvre ainsi la voie à d’autres élèves de Nyaka et qu’à ce titre lui incombe la responsabilité de profiter de toutes les opportunités qui s’offrent à elle.

Shirah veut vraiment tout faire pour réussir et, après l’avoir rencontrée, je suis convaincue qu’elle y arrivera. Il n’y a qu’à regarder ce qu’elle a fait jusqu’à présent!

 

 

 

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