Pourquoi les filles?

On estime que, dans le monde, 263 millions d’enfants et d’adolescents ne sont pas scolarisés. Alors que les Objectifs du Millénaire pour le développement (2000-2015) ont contribué à une poussée initiale d’inscriptions, les progrès ont ensuite stagné et, depuis 2010, le nombre d’enfants non scolarisés a augmenté.

Les enfants non scolarisés font face à de nombreuses barrières à l’éducation. La pauvreté, le genre et le lieu de naissance sont des obstacles importants et certains enfants sont confrontés à plusieurs d’entre eux. Nous savons que les enfants pauvres, vivant en milieu rural et de sexe féminin sont moins susceptibles d’aller à l’école. Ainsi, notre lieu de naissance compte.

Les enfants qui grandissent en zone en crise causée par un conflit militaire ou une catastrophe naturelle sont également hautement défavorisés. Également, les enfants handicapés et ceux issus de groupes minoritaires qui parlent une langue autre que la langue d’enseignement principale sont également confrontés à des obstacles importants afin d’accéder aux bancs d’école et d’y rester.

À l’échelle régionale, la moitié des enfants non scolarisés d’âge primaire vivent en Afrique subsaharienne, dont la plupart dans les pays d’Afrique centrale et de l’ouest. Les récents chiffres montrent que 56 % des filles en Afrique subsaharienne n’ont jamais mis les pieds dans une salle de classe, comparativement à 41 % des garçons non scolarisés. Et, en Asie du Sud et de l’Ouest, c’est un choquant 80 % des filles non scolarisées qui sont peu susceptibles de s’asseoir un jour sur les bancs d’école, comparativement à 16 % des garçons non scolarisés.

La littératie et la numératie de base sont des outils fondamentaux afin de permettre aux filles et aux femmes, ainsi qu’aux garçons et aux hommes de prendre leur vie en main et de développer des solutions adaptées aux besoins de leur communauté et de leur pays.

La recherche démontre de façon convaincante que les programmes destinés à l’éducation des filles dans les pays en développement sont pratiquement plus efficaces que tout autre investissement au plan communautaire.

Une éducation de qualité de base permet aux filles d’avoir accès à de l’information sur la santé et la nutrition pour elles-mêmes et leur famille – ce qui contribue notamment à prévenir la transmission du VIH / sida. L’école est également un lieu sûr où grandir et apprendre, alors que l’éducation leur permet d’acquérir les connaissances nécessaires pour fournir un soutien économique à leur famille. Elle contribue de plus à retarder l’âge du mariage et de la grossesse, réduisant ainsi la mortalité infantile et maternelle. Puis, une femme instruite est davantage susceptible d’envoyer ses enfants – garçons et filles – à l’école, ce qui augmente la probabilité que les futures générations soient éduquées.

Des filles en santé, en sécurité et autonomes transforment leur famille, leur communauté et leur pays.